croissance : ce que votre banquier ne vous dit pas sur 2026.
Abdallah
📅 Published on 06 Jan 2026
Analyse des défis démographiques et de l'adéquation compétences-emploi en Algérie pour 2026. Impact sur le marché du travail et perspectives économiques.
Démographie et Marché du Travail : Les Défis de l'Adéquation Compétences-Emplois
L'Algérie se trouve à un carrefour démographique et économique crucial, avec des implications directes sur l'adéquation entre les compétences acquises par le système éducatif et les besoins du marché du travail. L'année 2026, point focal de cette analyse, s'annonce comme une période de tensions potentielles si des ajustements structurels ne sont pas mis en œuvre.
La population algérienne, caractérisée par une forte proportion de jeunes, continue de croître, bien que le rythme de croissance ralentisse. Selon les projections de l'Office National des Statistiques (ONS), la population en âge de travailler (15-64 ans) devrait atteindre environ 26 millions en 2026, contre 23.5 millions en 2023. Cette augmentation significative de la population active exerce une pression considérable sur le marché du travail, déjà confronté à un taux de chômage élevé, particulièrement chez les jeunes diplômés. Le taux de chômage des jeunes (16-24 ans) a fluctué autour de 30% ces dernières années, et les prévisions ne signalent pas d'amélioration substantielle sans intervention.
Le principal défi réside dans le décalage persistant entre l'offre et la demande de compétences. Historiquement, le système éducatif algérien a privilégié les filières universitaires traditionnelles (droit, lettres, sciences humaines) au détriment des formations professionnelles et techniques, jugées moins prestigieuses. Cette orientation, exacerbée par la politique d'accès à l'université quasi-universel des années 2000, a conduit à une surqualification du marché du travail pour certains secteurs et à une pénurie de compétences dans d'autres. La loi d'orientation sur l'enseignement supérieur et la recherche scientifique de 2018 a tenté de corriger cette tendance en encourageant le développement de la formation professionnelle et en promouvant l'adaptation des programmes aux besoins du marché, mais les effets de cette loi sont encore limités.
Les secteurs porteurs de croissance en 2026 devraient être ceux liés aux nouvelles technologies (numérique, intelligence artificielle, énergies renouvelables), à l'industrie manufacturière (automobile, agroalimentaire) et aux services (tourisme, logistique). Or, le nombre de diplômés formés dans ces domaines reste insuffisant pour répondre à la demande. De plus, la qualité de la formation est souvent remise en question, avec un manque de pratique et d'expérience professionnelle pour les étudiants.
- Impact pour les élèves : Les étudiants doivent être conscients de l'évolution du marché du travail et choisir des filières de formation en conséquence. L'orientation scolaire doit être renforcée pour aider les élèves à faire des choix éclairés. La valorisation des formations professionnelles et techniques est essentielle.
- Impact pour les parents : Les parents doivent encourager leurs enfants à explorer des options de formation diversifiées, au-delà des filières traditionnelles. Il est important de se renseigner sur les perspectives d'emploi dans les différents secteurs et de tenir compte des compétences recherchées par les employeurs.
Le gouvernement a mis en place plusieurs initiatives pour améliorer l'employabilité des jeunes, telles que le dispositif FAEC (Formation et Apprentissage pour l'Emploi des Jeunes) lancé en 2021, et le programme TAWZIL, visant à encourager l'auto-entrepreneuriat. Cependant, l'efficacité de ces programmes reste à évaluer. En 2026, il sera crucial de renforcer la collaboration entre les établissements de formation, les entreprises et les pouvoirs publics pour garantir une meilleure adéquation entre les compétences et les emplois. L'investissement dans la formation continue et la requalification professionnelle sera également indispensable pour permettre aux travailleurs de s'adapter aux mutations du marché du travail.
Enfin, la question de la mobilité géographique des travailleurs doit être prise en compte. Les opportunités d'emploi ne sont pas réparties uniformément sur l'ensemble du territoire algérien. Encourager la mobilité des travailleurs vers les régions où la demande est forte pourrait contribuer à réduire le chômage et à améliorer l'adéquation compétences-emplois.
Investissements Publics et Secteurs Stratégiques : Au-Delà des Hydrocarbures, Quel Soutien à l'Éducation ?
Alors que la croissance économique algérienne pour 2026 est largement indexée sur la performance du secteur des hydrocarbures, la question de la diversification des investissements publics et du soutien aux secteurs stratégiques, notamment l'éducation, s'avère cruciale. Le budget de l'État, traditionnellement dominé par les revenus pétroliers, doit désormais naviguer entre les impératifs de court terme (maintien des subventions, stabilisation sociale) et les besoins de long terme, dont l'investissement dans le capital humain.
Historiquement, l'éducation a bénéficié de budgets conséquents, mais leur efficacité a souvent été remise en question. Le Plan Pluri-annuel de Développement (PPD) 2015-2019 avait alloué des ressources significatives à la modernisation des infrastructures scolaires et à la formation des enseignants. Cependant, la mise en œuvre a été ralentie par des contraintes administratives et des difficultés d'exécution. En 2023, le budget de l'éducation représentait environ 13% du budget national, un chiffre qui, bien que substantiel, doit être analysé à la lumière des besoins croissants et des défis spécifiques du système éducatif.
L'année 2024 a vu l'introduction de la Loi de Finances qui a mis l'accent sur la numérisation de l'éducation, avec des investissements prévus dans l'acquisition d'équipements informatiques et le développement de plateformes d'apprentissage en ligne. Cependant, l'accès à ces technologies reste inégalitaire, particulièrement dans les zones rurales et les milieux défavorisés. Cela crée un fossé numérique qui impacte directement les élèves, limitant leurs opportunités d'apprentissage et de développement des compétences. Pour les parents, cela se traduit par une nécessité accrue d'investir personnellement dans des ressources éducatives complémentaires, augmentant ainsi les inégalités socio-économiques.
- Défis d'infrastructure : Le parc scolaire algérien est confronté à un vieillissement important des infrastructures, avec un besoin urgent de rénovation et de construction de nouvelles écoles, notamment dans les zones urbaines en forte croissance démographique.
- Qualité de l'enseignement : La formation continue des enseignants reste un enjeu majeur. Les programmes de formation doivent être adaptés aux nouvelles pédagogies et aux besoins spécifiques des élèves.
- Orientation et Employabilité : Le système d'orientation scolaire est souvent critiqué pour son manque d'efficacité. Il est crucial de mieux articuler l'offre de formation avec les besoins du marché du travail, afin d'améliorer l'employabilité des jeunes diplômés.
- Financement de la recherche : Le financement de la recherche scientifique et de l'innovation est insuffisant, ce qui freine le développement d'un écosystème de recherche performant et compétitif.
Pour 2026, une diversification des sources de financement de l'éducation est impérative. Cela pourrait passer par des partenariats public-privé (PPP), des investissements directs étrangers (IDE) ciblés, et une meilleure gestion des ressources existantes. Une transparence accrue dans l'allocation des budgets et un suivi rigoureux des dépenses sont également essentiels pour garantir l'efficacité des investissements. L'impact pour les élèves se traduirait par un accès à une éducation de meilleure qualité, des infrastructures modernes, et des opportunités d'apprentissage plus diversifiées. Pour les parents, cela signifierait une réduction des coûts liés à l'éducation et une plus grande confiance dans le système éducatif.
En conclusion, l'avenir de l'éducation en Algérie dépendra de la capacité du gouvernement à dépasser la dépendance aux hydrocarbures et à investir massivement dans le capital humain. Une stratégie claire et cohérente, axée sur la qualité, l'équité et l'innovation, est indispensable pour préparer les jeunes générations aux défis du 21ème siècle.
Financement de l'Éducation Supérieure et de la Recherche : Les Nouvelles Dynamiques et les Risques d'Exclusion
Le financement de l'éducation supérieure et de la recherche en Algérie est à un point d'inflexion critique, avec des implications directes sur la croissance économique prévue pour 2026 et au-delà. Historiquement, le secteur a reposé massivement sur les revenus pétroliers, une dépendance qui s'est avérée de plus en plus précaire face à la volatilité des prix du pétrole et à la nécessité de diversifier l'économie.
Depuis 2014, avec la chute significative des revenus pétroliers, le gouvernement a mis en œuvre une série de mesures d'austérité affectant directement les budgets alloués à l'éducation supérieure et à la recherche. En 2016, une loi de finances a introduit des restrictions budgétaires significatives, conduisant à une diminution des subventions aux universités publiques. Cette tendance s'est accentuée en 2020 et 2021, exacerbée par la pandémie de COVID-19 qui a détourné des fonds vers le secteur de la santé et les mesures de soutien économique.
Les conséquences pour les établissements d'enseignement supérieur sont multiples :
- Réduction des investissements en infrastructure : La construction de nouvelles universités et l'amélioration des infrastructures existantes (laboratoires, bibliothèques, équipements informatiques) sont ralenties, voire suspendues.
- Diminution des bourses et aides financières : Le nombre de bourses d'études pour les étudiants méritants, en particulier ceux issus de milieux défavorisés, a été réduit, augmentant la pression financière sur les familles.
- Gel des recrutements : Le gel partiel ou total des recrutements de professeurs et de personnel administratif affecte la qualité de l'enseignement et de la recherche. Le ratio étudiants/enseignants s'en trouve dégradé.
- Difficultés de financement de la recherche : Les projets de recherche, en particulier ceux nécessitant des équipements coûteux ou des collaborations internationales, peinent à trouver des financements.
En parallèle, le gouvernement a encouragé, depuis 2018, le développement d'un secteur de l'enseignement supérieur privé. Bien que cette initiative vise à diversifier l'offre de formation et à alléger la pression sur le secteur public, elle soulève des inquiétudes quant à l'équité d'accès. Les frais de scolarité dans les établissements privés sont significativement plus élevés que dans les universités publiques, créant un risque d'exclusion pour les étudiants issus de familles à faibles revenus. L'augmentation du nombre d'établissements privés, sans un cadre réglementaire suffisamment robuste, pose également des questions sur la qualité de l'enseignement dispensé.
La loi de finances de 2023 a introduit une timide augmentation des budgets alloués à l'éducation, mais elle reste insuffisante pour compenser les coupes budgétaires des années précédentes et répondre aux besoins croissants du secteur. Le gouvernement explore également des mécanismes de financement alternatifs, tels que les partenariats public-privé (PPP) et la recherche de financements internationaux. Cependant, ces initiatives sont encore à un stade embryonnaire et leur impact reste incertain.
Impacts pour les élèves et les parents : La diminution des bourses et l'augmentation des frais de scolarité dans le secteur privé obligent de nombreuses familles à s'endetter pour financer les études de leurs enfants. Le manque d'infrastructures et d'équipements adéquats affecte la qualité de l'enseignement et les perspectives d'emploi des diplômés. La concentration des ressources dans certaines disciplines considérées comme prioritaires (par exemple, l'ingénierie et les technologies de l'information) peut se faire au détriment d'autres domaines importants, tels que les sciences humaines et sociales.
En conclusion, le financement de l'éducation supérieure et de la recherche en Algérie est confronté à des défis majeurs. Sans une augmentation significative et durable des investissements, et sans une politique d'accès équitable à l'éducation, le potentiel de croissance économique du pays pour 2026 et au-delà risque d'être compromis. Une attention particulière doit être accordée à la protection des étudiants issus de milieux défavorisés et à la garantie d'une qualité d'enseignement et de recherche comparable dans tous les établissements, publics et privés.
L'Économie Informelle et l'Entrepreneuriat Jeunes : Opportunités et Freins pour une Croissance Inclusive
L'économie informelle représente un pilier significatif de l'activité économique algérienne, estimée à près de 50% du PIB selon les estimations de la Banque Mondiale en 2022. Elle se caractérise par l'absence de protection sociale, de régulation et de fiscalisation, et est particulièrement prégnante dans les zones urbaines et rurales. Si elle offre une bouée de sauvetage pour de nombreux Algériens face au chômage, notamment chez les jeunes, elle pose des défis majeurs pour une croissance économique durable et inclusive, et impacte indirectement le secteur de l'éducation.
L'entrepreneuriat jeune, encouragé par des dispositifs comme l'Agence Nationale de Soutien à l'Emploi des Jeunes (ANSEJ) créée en 1991 et le dispositif « El Khadma » lancé en 2023, se développe souvent initialement dans le secteur informel. Ces programmes, bien qu'ayant permis la création de milliers d'entreprises, peinent à les faire basculer vers le secteur formel. Le principal frein réside dans la lourdeur administrative, les difficultés d'accès au financement bancaire (malgré les lignes de crédit dédiées) et le manque d'accompagnement personnalisé.
L'impact sur les élèves et les parents est multiple. D'une part, la nécessité pour les parents de s'investir dans des activités informelles pour assurer la subsistance familiale peut réduire le temps et les ressources disponibles pour accompagner leurs enfants dans leur scolarité. On observe une corrélation, notamment dans les foyers à faibles revenus, entre l'implication parentale dans l'économie informelle et un risque accru de décrochage scolaire. Des études menées par le Ministère de l'Éducation en 2018 ont mis en évidence une augmentation du travail des enfants, souvent pour compléter les revenus familiaux, dans les régions où l'économie informelle est la plus développée.
D'autre part, le manque de perspectives d'emploi formel pousse de plus en plus de jeunes diplômés à se tourner vers l'entrepreneuriat informel par nécessité, plutôt que par choix. Cela peut conduire à une dévalorisation des diplômes et à une stagnation des compétences. Le système éducatif, bien qu'ayant connu des réformes importantes en 2012 et 2015, peine encore à former des entrepreneurs capables de créer des entreprises innovantes et compétitives dans le secteur formel.
- Freins structurels : Complexité administrative, accès limité au financement, faible culture entrepreneuriale, manque de formation adéquate, absence de protection sociale.
- Opportunités : Potentiel de création d'emplois, réponse rapide aux besoins locaux, flexibilité, innovation de rupture (notamment dans le numérique).
- Politiques publiques : Simplification des procédures administratives, facilitation de l'accès au financement (microcrédit, garanties bancaires), renforcement de l'accompagnement entrepreneurial, promotion de l'éducation financière, incitations fiscales pour la formalisation.
Pour 2026, la transition d'une part significative de l'économie informelle vers le secteur formel est cruciale pour atteindre les objectifs de croissance fixés par le gouvernement. Cela nécessite une approche globale et coordonnée, impliquant les pouvoirs publics, le secteur bancaire, les organisations de la société civile et les acteurs du monde éducatif. Sans une transformation profonde de l'écosystème entrepreneurial et une amélioration de la qualité de l'éducation, le potentiel de croissance inclusive de l'Algérie restera bridé.
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