le choc des monnaies : comment la force du dollar et de l'euro impacte votre pouvoir d'achat.

le choc des monnaies : comment la force du dollar et de l'euro impacte votre pouvoir d'achat.

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Abdallah

📅 Published on 06 Jan 2026

La dépréciation du dinar algérien face au dollar et à l'euro affecte le pouvoir d'achat. Découvrez les causes (baisse du pétrole, réserves de change) et les conséquences pour les familles.


La dépréciation du dinar : comprendre les mécanismes à l'œuvre

La dépréciation du dinar algérien face aux principales devises, notamment le dollar américain et l'euro, est une tendance observée depuis plusieurs années, mais qui s'est accentuée ces derniers mois. Comprendre les mécanismes qui la sous-tendent est crucial pour appréhender son impact sur le pouvoir d'achat des citoyens, et plus particulièrement sur les familles avec des enfants scolarisés.

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Plusieurs facteurs contribuent à cette dépréciation. Historiquement, l'Algérie a longtemps maintenu un taux de change relativement stable, en grande partie grâce à ses importantes réserves de change issues des hydrocarbures. Cependant, la baisse des prix du pétrole à partir de 2014 a mis une pression significative sur ces réserves. La dépendance de l'économie algérienne aux revenus pétroliers rend le dinar particulièrement vulnérable aux fluctuations du marché mondial de l'énergie.

Ensuite, la politique monétaire de la Banque d'Algérie, bien que visant à stabiliser l'économie, a souvent consisté en une gestion prudente des réserves et une limitation de l'offre de devises. Cette approche, combinée à une demande croissante de devises pour les importations (biens de consommation, matières premières, équipements industriels), a créé un déséquilibre. L'augmentation des importations, notamment suite à la levée progressive de certaines restrictions en 2023, a accentué cette pression.

La force actuelle du dollar américain et de l'euro, due à des facteurs macroéconomiques globaux (politiques monétaires restrictives des banques centrales américaine et européenne, contexte géopolitique), amplifie également la dépréciation du dinar. En d'autres termes, le dinar perd de la valeur non seulement en raison de ses propres faiblesses internes, mais aussi parce que les devises auxquelles il est comparé se renforcent.

Impacts sur les élèves et les parents :

    • Manuels scolaires et fournitures : Une part importante des manuels scolaires et des fournitures, en particulier ceux de qualité ou spécifiques à certaines filières, sont importés. Leur prix, libellé en devises, augmente mécaniquement avec la dépréciation du dinar, pesant sur le budget des familles.
    • Frais de scolarité (enseignement supérieur) : Les étudiants souhaitant poursuivre des études à l'étranger ou dans des établissements privés utilisant des devises étrangères voient leurs frais de scolarité augmenter considérablement.
    • Cours de soutien et activités extrascolaires : Les cours de soutien scolaire, les ateliers et autres activités extrascolaires proposant des programmes ou des intervenants étrangers deviennent plus chers.
    • Accès aux ressources numériques : L'accès à des plateformes d'apprentissage en ligne, des logiciels éducatifs ou des abonnements à des revues scientifiques, souvent facturés en devises, est également impacté.
    • Pouvoir d'achat global : La dépréciation du dinar réduit le pouvoir d'achat général des familles, les obligeant à faire des choix plus difficiles pour couvrir les dépenses essentielles, y compris celles liées à l'éducation.

Il est important de noter que la Banque d'Algérie intervient périodiquement sur le marché des changes pour atténuer les fluctuations, mais l'ampleur de la dépréciation actuelle suggère que des mesures structurelles plus profondes, visant à diversifier l'économie et à réduire la dépendance aux hydrocarbures, sont nécessaires pour stabiliser durablement le dinar.

Impact direct sur les dépenses des familles algériennes

La dépréciation du dinar algérien face au dollar américain et à l'euro, particulièrement marquée depuis 2022 et s'accentuant en 2023 et 2024, a un impact significatif sur les dépenses des familles algériennes, et plus particulièrement celles liées à l'éducation.

L'Algérie importe une part importante de ses besoins en fournitures scolaires, manuels, et matériel pédagogique. Ces produits sont souvent libellés en devises étrangères. La hausse du taux de change se traduit donc directement par une augmentation de leur prix à l'achat, impactant directement le budget des parents d'élèves.

    • Fournitures scolaires : Les cahiers, stylos, sacs à dos et autres fournitures, même ceux produits localement, contiennent souvent des composants importés. L'augmentation du coût de ces intrants se répercute sur le prix final.
    • Manuels scolaires : Une part non négligeable des manuels scolaires, notamment ceux destinés à l'enseignement supérieur et aux filières scientifiques, sont importés ou imprimés avec du papier importé, rendant leur coût plus élevé.
    • Frais de scolarité (enseignement privé et supérieur) : Les établissements d'enseignement privé, ainsi que certaines formations supérieures (notamment celles proposées en partenariat avec des universités étrangères), facturent souvent leurs frais en devises ou les indexent sur le taux de change. La dépréciation du dinar rend ces formations plus coûteuses.
    • Cours de soutien scolaire et activités extrascolaires : Les cours de soutien scolaire dispensés par des organismes privés, souvent utilisant des supports pédagogiques importés, voient également leurs tarifs augmenter. De même, les activités extrascolaires (musique, langues, sports) qui nécessitent du matériel importé sont impactées.
    • Études à l'étranger : Pour les familles envisageant d'envoyer leurs enfants étudier à l'étranger, le coût des études (frais de scolarité, logement, nourriture) a considérablement augmenté en dinars, rendant cette option moins accessible. La décision de maintenir ou non un enfant dans une université étrangère est devenue plus complexe pour de nombreuses familles.

En décembre 2023, des associations de parents d'élèves ont déjà exprimé leur inquiétude quant à l'augmentation des coûts liés à la rentrée scolaire, soulignant la nécessité d'une aide de l'État pour les familles les plus modestes. L'impact de cette situation est particulièrement ressenti par les familles de milieux défavorisés, qui peinent à faire face à ces dépenses supplémentaires, risquant ainsi de compromettre la scolarité de leurs enfants.

Il est important de noter que l'augmentation des prix n'est pas uniquement due à la fluctuation des taux de change, mais également à l'inflation globale et aux perturbations des chaînes d'approvisionnement internationales.

L'enseignement supérieur et la recherche : une facture importée qui explose

L'enseignement supérieur et la recherche en Algérie sont fortement tributaires des importations, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux fluctuations des taux de change, notamment la montée en puissance du dollar américain et de l'euro. Cette dépendance se manifeste à plusieurs niveaux, et l'impact sur les étudiants et leurs familles est de plus en plus préoccupant.

Historiquement, l'Algérie a investi dans l'envoi d'étudiants en formation à l'étranger, principalement en France, mais aussi aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni. En 2019, le Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique a annoncé un programme ambitieux visant à augmenter le nombre de bourses d'études à l'étranger. Ce programme, bien que louable en termes de développement des compétences, s'est retrouvé confronté à une réalité économique changeante. La dépréciation du dinar algérien face à ces devises fortes a considérablement augmenté le coût de ces études.

Les impacts sont multiples :

    • Augmentation des coûts des bourses : Le coût d'une bourse d'études en France, par exemple, a augmenté d'environ 30% à 40% depuis 2022, en raison de la fluctuation du taux de change. Cela se traduit par une pression accrue sur le budget de l'État et une potentielle réduction du nombre de bourses disponibles.
    • Hausse du prix des équipements et logiciels : Les universités et les centres de recherche algériens dépendent fortement des importations d'équipements scientifiques, de logiciels spécialisés et de publications académiques, tous libellés en devises étrangères. L'augmentation des coûts de ces importations limite les capacités d'investissement des établissements et freine le développement de la recherche.
    • Impact sur les étudiants auto-financés : Les étudiants algériens qui choisissent d'étudier à l'étranger en autofinancement sont directement touchés par la dépréciation du dinar. Les frais de scolarité, le logement, la nourriture et les dépenses courantes sont devenus beaucoup plus chers, rendant les études à l'étranger inaccessibles pour de nombreuses familles.
    • Difficultés pour les laboratoires de recherche : Les laboratoires de recherche se retrouvent confrontés à des difficultés croissantes pour acquérir les réactifs, les consommables et les équipements nécessaires à leurs travaux. Cela peut entraîner un ralentissement des projets de recherche et une baisse de la qualité des publications scientifiques.

En 2023, le gouvernement a mis en place certaines mesures pour atténuer l'impact de la crise, notamment en augmentant les allocations financières pour les étudiants boursiers à l'étranger. Cependant, ces mesures restent insuffisantes pour compenser l'ampleur de la dépréciation du dinar et la hausse généralisée des prix. La situation actuelle souligne la nécessité pour l'Algérie de diversifier ses sources de financement de l'enseignement supérieur et de la recherche, et de développer une industrie nationale capable de produire une partie des équipements et logiciels dont elle a besoin.

Solutions et perspectives : comment l'Algérie peut-elle atténuer le choc ?

La dépréciation du dinar algérien face au dollar américain et à l'euro, exacerbée par le contexte économique mondial, pose des défis significatifs pour le secteur de l'éducation. L'impact se ressent tant au niveau des familles que des établissements scolaires. Plusieurs pistes peuvent être explorées pour atténuer ce choc et préserver l'accès à l'éducation.

Depuis la dévaluation du dinar en 2020, et plus récemment avec l'accélération de la fluctuation des taux de change en 2023, le coût des manuels scolaires importés, du matériel pédagogique et des logiciels éducatifs a considérablement augmenté. Cette situation affecte directement le pouvoir d'achat des parents, déjà confrontés à une inflation générale. Les familles les plus modestes sont particulièrement vulnérables, risquant de devoir réduire les dépenses consacrées à l'éducation de leurs enfants, voire de les retirer de l'école.

Plusieurs solutions, à court et moyen terme, peuvent être envisagées :

    • Augmentation des subventions publiques : Le gouvernement pourrait augmenter les subventions allouées aux manuels scolaires et au matériel pédagogique, en particulier pour les cycles fondamentaux (primaire et collège). Une mesure similaire avait été prise en 2008 suite à la hausse des prix des produits de base, mais son impact sur le secteur éducatif nécessiterait d'être renforcé.
    • Soutien aux éditeurs nationaux : Encourager et soutenir la production locale de manuels scolaires et de matériel pédagogique permettrait de réduire la dépendance aux importations et de stabiliser les prix. Le programme de soutien à l'édition nationale, initié en 2015, pourrait être étendu et renforcé.
    • Diversification des sources d'approvisionnement : Explorer de nouveaux partenaires commerciaux pour l'importation de matériel éducatif, au-delà des fournisseurs traditionnels, pourrait permettre de bénéficier de prix plus compétitifs.
    • Développement de ressources éducatives numériques : Investir dans la création et la diffusion de ressources éducatives numériques (plateformes d'apprentissage en ligne, logiciels éducatifs gratuits ou à faible coût) pourrait offrir une alternative abordable aux manuels scolaires traditionnels. Le plan "Edunet" lancé en 2018 visait à numériser le système éducatif, mais sa mise en œuvre complète reste un défi.
    • Renforcement des programmes de bourses et d'aides sociales : Augmenter le nombre de bourses d'études et d'aides sociales destinées aux familles à faible revenu permettrait de compenser l'augmentation du coût de l'éducation.
    • Contrôle des prix et lutte contre la spéculation : Mettre en place des mécanismes de contrôle des prix sur les produits scolaires essentiels et lutter contre la spéculation pourraient contribuer à stabiliser les prix et à protéger le pouvoir d'achat des familles.

À plus long terme, une diversification de l'économie algérienne et une réduction de sa dépendance aux hydrocarbures sont essentielles pour stabiliser le dinar et atténuer les chocs externes. La loi de finances de 2024 met l'accent sur le développement de secteurs non pétroliers, mais les résultats concrets prendront du temps à se matérialiser.

Il est crucial que les autorités algériennes agissent rapidement et de manière coordonnée pour protéger le secteur de l'éducation et garantir l'égalité des chances pour tous les élèves, quel que soit leur milieu socio-économique. L'investissement dans l'éducation est un investissement dans l'avenir du pays, et il ne doit pas être compromis par les fluctuations monétaires.

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